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Eysteinn Ásgrímsson, l'auteur du LYS (en islandais : Lilja), était un moine augustin islandais très versé dans l'art scaldique et
très pieux. D'après les sources dont on dispose, il a dû écrire son poème dans les années 1343-1345 et il est mort en 1361.
D'après Jan de Vries (1967), qui s'appuie sur Fredrik Paasche (1924), le poème témoigne de la contrition sincère et de la
profonde componction d'un homme conscient de son péché : Eysteinn aurait été mis au cachot pour avoir roué de coups le
père abbé de son monastère à Thykkvabaer (aujourd'hui Thykkvibaer, dans le sud-est de l'Islande, tout près de
Kirkjubaejarklaustur, dit aujourd'hui simplement : Klaustur).
Le poète explique les raisons du titre de son poème : il n'a pas ouvré comme les autres scaldes avec des tournures
compliquées (strophes 97-98). Il demande au lecteur de prier pour leur salut à tous deux le « Je vous salue, Marie » (strophe
99) et termine par la louange à la Sainte Trinité.
Tout au long du poème, l'auteur met en évidence le combat du Christ contre Satan et la mission de Marie. Son style est tantôt
dramatique, tantôt lyrique.
On dit d'ailleurs couramment en Islande que « tout Islandais voudrait avoir composé le Lilja »

 

 
 
Eysteinn Ásgrímsson
 
LE LYS Poème marial islandais
Traduction Parick Guelpa
 
   
24. Prévoyant toute chose proche et lointaine,
ordonnant tout avec le Fils et l'Esprit,
la personne du Père commande à un ange
d'aller porter un message dont voici la teneur :
« Vas et dis à l'agréable Vierge Marie,
celle que je préserverai,
que mon fils unique veut se parer
de sa blanche chair d'obéissance. »

25. Cette Marie est notre Mère,
fruit de la puissance et comblée d'honneurs,
magnifique comme la rose la plus épanouie,
éclose à la source de la vie -
racine parfumée de l'humilité,
qui enflamme tout de l'esprit de pureté, -
qui aime Dieu et les hommes de bonne volonté,
qui ressemble à Dieu dans ces vertus.

26. Point ne vois de langue terrestre,
sublime Seigneur du stellaire pourpris,
qui soit digne de te composer
une poésie soignée.
Gloire à toi, que dans une véritable splendeur
toutes les langues chantent en ton honneur,
éternellement ta victoire et ton salut.
Que ta dignité et ton pouvoir jamais ne diminuent.

Ou :

27. Quelles sont les nouvelles ? Les peuples sont sauvés !
Comment cela ? Parce que Jésus s'est laissé supplicier !
Quelles sont les nouvelles ? L'Ennemi est repoussé !
Qui a remporté la victoire ? Le Créateur des hommes !
Quelles sont les nouvelles ? Les saints se mettent en route !
Pour aller où ? Pour siéger avec honneur insigne !
Quelles sont les nouvelles ? Les cieux sont ouverts !
A qui ? A nous, qui louons la croix !

28. Lumière bénie, ô doux Jésus,
toi qui véritablement éveilles les morts,
arrache-moi aux demeures des démons,
aimable Seigneur, et retiens-moi ensuite !
Les mains jointes, éternellement
tes louanges proclamant,
s'agenouiller se doit la création entière
ô, toi, mon créateur, devant ta face altière.

29. Jamais ne verrai ni ne pourrai raconter
avec éloquence, même si j'y voulais m'essayer,
toute la joie que le vieil Adam connut
lors de la venue de Jésus,
car c'est lui seul qui lia par malédiction
tous ses enfants au supplice de la mort,
mais voici que nous délivra tous
un seul d'entre eux en nous faisant miséricorde.